AUTORITÉ & CONTROLE


La France est l¹un des pays d¹Europe où l¹on dénombre le plus de chiens par rapport au nombre d¹habitants. Le chien est sans conteste le meilleur ami de l¹homme, les chiffres mentionnant sa population le prouvent.

Si nous interrogeons les maîtres et les futurs maîtres sur leur première motivation à acquérir leur compagnon, les réponses obtenues font souvent référence à de merveilleux souvenirs d¹enfance alliant complicité et relation exceptionnelle entre homme et animal.

Tout le monde s¹accorde à penser que le chien est un animal tout à fait particulier par sa capacité à adapter ses propres besoins à ceux des hommes et de les partager avec lui, cas unique dans l¹histoire de la domestication.

Ainsi, toutes les personnes ayant eu le plaisir de partager une relation avec un chien sont d¹accord pour affirmer que le chien est capable d¹éprouver diverses émotions, allant de la tristesse à la joie, de faire la différence entre plaisir et déplaisir et d¹en mémoriser la source, de nous manipuler pour obtenir ce qu¹il veut, de nous faire passer un message par le regard ou par le geste, de réagir en fonction de notre humeur, d¹adapter son comportement suivant l¹individu avec lequel il interagit, de faire des choix, de se soumettre à une autorité, mais aussi de s¹y opposer, d¹apprendre, donc de mémoriser, qu¹il vit très difficilement sans contacts sociaux, qu¹il trouve toute sa maturité à travers les autres et qu¹il nous surprend en maintes occasions par sa capacité à ressentir les émotions de son maître.

Il devient, de toute évidence, assez facile de le considérer rapidement comme l¹un des membres de la famille et de lui faire partager nos repas, nos vacances, nos soirées entre amis, nos peines, nos joiesS

Cependant nous nous intéressons ici à la cohabitation possible entre deux espèces différentes qui ont leur compréhension propre de leur environnement.

Le chien a des attentes, des besoins et des plaisirs qui diffèrent de ceux de son maître. De plus, il possède son propre système de communication enrichi par un langage vocal et gestuel souvent méconnu des maîtres. C¹est pour toutes ces similitudes et ces différences fondamentales que, quelquefois, malgré toutes les meilleures intentions du maître, la relation est parfois difficile entre les deux, source de conflit et de bien des désillusions.

Et il est dommage de constater que ces désillusions prennent pour la plupart naissance dans une double incompréhension, celle des maîtres vis-à-vis du comportement de leur chien, et celle des chiens vis-à-vis des intentions de leur maître.

Un grand nombre de problèmes de désobéissance et de comportement auxquels les maîtres sont confrontés trouvent leur source dans la relation conflictuelle qui existe entre eux et leur chien, découlant d¹une méconnaissance du maître des techniques d¹apprentissage et des systèmes de communication du chien. Le chien ne comprend pas ce que son maître exige de lui, et le maître, lui, ne comprend pas pourquoi son chien "fait exprès"² de creuser des trous dans le jardin, de courir sans réfléchir vers un congénère, de sauter pour dire bonjour.

Si le chiot se comporte de cette façon, c¹est justement parce que c¹est un chien, et que si le maître désire qu¹il se comporte
différemment, il va falloir lui apprendre. Mais pour que le chien apprenne et continue à avoir envie d¹apprendre, il va falloir qu¹il y trouve du plaisir.

C¹est pourquoi avant de parler d¹obéissance et de désobéissance, il faudra s¹attacher à construire une relation de confiance réciproque et prendre conscience que le développement comportemental du chien est étroitement lié au mode d¹interaction et à la relation qu¹il entretient avec son maître.

Si le mode de relation est conflictuel, le chien grandit avec l¹idée que pour obtenir ce qu¹il désire, il doit se battre ou insister. S¹il en a les capacités, et si de plus il obtient de temps en temps ce qu¹il veut, il apprendra à se battre ou à insister. En revanche, s¹il n¹a pas les capacités suffisantes pour se battre pour obtenir ce qu¹il veut ou pour insister, il s¹inhibera et craindra son environnement et son maître avec toutes les conséquences comportementales qui en découleront (peur, agressivité, hyper soumission, destruction, fugueS).

Il est vrai que depuis quelques années, il est commun de comparer les comportements sociaux des chiens à ceux des loups et de réduire tout le relationnel et le mode d¹interaction des chiens avec ses congénères et par extension avec l¹homme, sur un mode de dominance hiérarchique. Etant admis que cette hiérarchie sociale se mettrait en place suite à des bagarres qui détermineraient un vainqueur (le dominant) et un vaincu (le dominé).

La conséquence de cette compréhension de la dominance et de la communication entre deux espèces différentes est source de bien des malentendus et de confusion chez les maîtres, ne sachant plus quoi punir et comment punir. De plus, le maître a tendance à considérer tout comportement de son chien
non conforme à ce qu¹il désire comme une revendication de dominant.

Ces observations éthologiques nous ont apportées beaucoup et nous apporterons encore beaucoup sur la compréhension des interactions entre loups et entre chiens. Mais nous ne sommes pas des loups et nous ne sommes pas des chiens, alors arrêtons de nous comporter comme tels avec nos chiens. De plus l¹environnement dans lequel évolue les chiens est considérablement différent de celui des loups et différents des uns des autres et cet élément est à prendre en considération lorsque nous abordons ces notions de hiérarchie et de conflit hiérarchique.

LES RELATIONS HOMME - CHIEN

Avant de considérer notre chien, pire encore, notre chiot, comme dominant parce qu¹il désobéit ou parce qu¹il est agressif, il est important de s¹arrêter sur quelques notions importantes.

De récentes observations ont montré qu¹un leader est un individu sûr de ses capacités physiques et mentales ayant rarement besoin de faire preuve d¹agressivité pour se faire respecter. Le dominant est un individu qui sécurise les membres du groupe et qui est par conséquent inhibiteur de conflit. La façon dont il se déplace, dont il regarde, l¹assurance dont il fait preuve, son calme, sa détermination ne fait aucun doute sur ses capacités à exercer son contrôle sur les autres membres du groupe.
Le dominant a la capacité d¹influencer les autres individus.

S¹il ne fait aucun doute sur le fait que vous devez être considéré comme un leader aux yeux de votre chien, il est a retenir que vous devrez rarement faire preuve d¹agressivité pour vous faire respecter, que vous devrez être inhibiteur de conflit, que vous devez être sécurisant et avoir la capacité mentale suffisante pour influencer son comportement.

Facile à dire mais pas toujours facile à faire me direz-vous.
Pourtant, pas si compliqué je vous répondrai.

Comprendre la différence entre autorité et contrôle

Le chiot se construit à travers les relations qu¹il tisse avec les personnes appartenant à son groupe et en fonction de ce qu¹il peut perdre et de ce qu¹il peut gagner.

Différence entre autorité et contrôle

Si l¹autorité comme mode relationnel est néfaste au bien-être émotionnel du chiot, il est néanmoins indispensable de pouvoir contrôler si besoin est le comportement de nos chiens. Il n¹y a pas de chien parfait, un chien reste un chien et nous devons avoir la possibilité de contrôler certains de ses comportements.
Acquérir le contrôle sur un chien fait appel à diverses capacités et qualités du maître qui sont : la connaissance des techniques d¹apprentissage, la connaissance des signaux de communication du chien, une compréhension éthologique du chien, une détermination mentale, une cohérence et une capacité d¹adaptation.
L¹autorité, quant à elle, fait appel à la force : le maître s¹impose physiquement.
Le chien ne comprend quasiment jamais pourquoi il est sanctionné, l¹objectif n¹étant pas de lui apprendre à bien se comporter, mais de l¹y contraindre.
Il en résulte bien souvent une perte de confiance du chiot envers son maître, qui peut éventuellement se généraliser en une crainte des humains, une grande insécurité intérieure, des comportements incontrôlés lorsque le maître est absent.

COURS 1
Développer sa détermination aux yeux de son chiot.

Commençons par tout leur procurer : jeu, promenade, affection, soin, gamelle, interactions mais jamais quand ils s¹y attendent.

Changez d¹avis, soyez spontané et étourdi mais ne les prévenez pas de vos changements de décisions.

Quelques exemples :
 o Vous vous promenez au parc, changez de direction, appelez-le une fois et continuez votre chemin.
o Vous préparez sa gamelle, vous êtes dans vos songes, et au moment où il s¹attend à ce que vous lui donniez, vous la posez dans un coin sur le plan de travail sans rien dire et, sans prévenir, vous allez répondre au téléphone, vous lavez les mains etc, et revenir quelques instants plus tard et enfin lui donner.
o Vous prenez sa laisse dans votre main, signifiant on va se promener, mais toujours sans rien dire, vous décidez sans faire attention à ses débordements de la reposer dans le placard pour la ressortir 1/2 heure plus tard et enfin partir en promenade.
o Ou encore, vous sortez en promenade avec votre chien super heureux, et mince vous avez oublié quelque chose dans la maison, vous faites demi-tour, revenez chez vous, et faites ce que vous avez à faire pour repartir 10 minutes plus tard.

Les exemples peuvent se multiplier mais, en pratiquant ainsi, vous apprendrez à votre chiot sans trop vous en rendre compte à faire attention à vous pour obtenir ce qu¹il désire, à gérer les frustrations et à vous considérer comme l¹individu contrôlant les ressources.

La prochaine fois, nous aborderons les règles les plus communément répandues à mettre en place pour se faire accepter comme dominant par son chien tel que : lui donner ou ne pas lui donner à manger à table, l¹accepter ou ne pas l¹accepter sur notre lit ou dans notre chambre, lui interdire ou ne pas lui interdire l¹accès à certaines pièces, ne pas le laisser se coucher dans les lieux stratégiques, il grogne lorsque je touche sa gamelle .
Nous verrons que l¹important n¹est pas d¹appliquer ses règles mais de savoir les enseigner à votre chiot, et l¹important égalemenet n¹est pas : comment se comporte votre chiot mais comment réagissez-vous lorsque vous êtes confronté à son comportement.

Catherine Collignon
www.animalin.net